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Commentaire de la lettre aux Européens d'Emmanuel Macron

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Elam, Ninive, Babylone étaient de beaux noms vagues, et la ruine totale de ces mondes avaient aussi peu de signification pour nous que leur existence même. Mais Mini robe Robes Grande taille Manche courte Sexy Fête club Noir V de wXuOPikZTFrance, Angleterre, Russie… ce seraient aussi de beaux noms.

Paul Valéry, Notes sur l’Esprit Européen

Le titre, le ton prophétique des premières lignes, qui n’est pas sans faire penser aux civilisations mortelles de Valéry, l’appel à un « renouvellement » politique et culturel que le texte nous promet encore sur sa fin… la lettre d’Emmanuel Macron nous laissait attendre un plaidoyer politique pour l’Europe. Pourtant, le souffle politique n’est au mieux qu’une bise légère, et il nous semble qu’il manque, hélas, son but. Hantée par l’actualité, héritière de l’Initiative de la Sorbonne, cette lettre révèle néanmoins des positions remarquables, à même de structurer l’espace politique européen à venir.

Sur le plan intérieur, la missive est dominée par la bipolarisation qui phagocyte le débat politique contemporain. De l’Europe qui protège – la même que celle qui était au programme de la Journée de l’Europe à Paris le 13 et 14 mai 2018 – à la démonstration de l’échec du repli nationaliste façon Brexit, en passant par quelques preuves de la capacité de réforme de l’Union européenne, Emmanuel Macron tente de sauver les voix d’un électorat qui reste encore à convaincre, et que les néo-nationalistes courtisent.


En affirmant devant l’Europe entière sa position de héraut dans cette nouvelle bipolarisation du politique, posture qui s’inscrit dans une continuité évidente avec les soubresauts des relations franco-italiennes de ces derniers mois et l’allocution sur Rai Uno du 3 mars, le texte atteste des ambitions politiques européennes du président français. Mais il ne faut sans doute pas regarder le doigt… Dans cet exercice public de désignation des ennemis – premier pas du politique s’il en est –, apparaissent en contraste d’autres adversaires : les tenants du « statu quo », « les somnambules d’une Europe amollie». Cette prise de position publique, en solitaire, conforte l’investissement d’Emmanuel Macron comme leader des forces progressistes, ce qui suggère une potentielle reconfiguration à venir du paysage politique européen. Emmanuel Macron se donne en effet ici les moyen de faire évoluer le champs politique européen, en poussant, par exemple, à une explosion du Parti Populaire Européenlongue blanche Jupe jupe en courte jeanAdventech oxdCerWB1 par l’exclusion de sa droite la plus conservatrice, option qui commençait déjà à émerger au dernier congrès du PPE, à Helsinki. L’espace serait alors ouvert à un nouvel appareil européen, nouveau défi à la machine de guerre électorale de la République En Marche, d’ores et déjà nommée Renaissance pour les élections de mai.

On s’étonnera cependant dans cette partie du discours de la contradiction entre la rhétorique et le constat : tenter de discréditer les néo-nationalistes en les réduisant à l’euroscepticisme, c’est finalement négliger que leurs ambitions sont aujourd’hui bien européennes et que ces néo-nationalismes sont à bien des égards des euro-nationalismes. A remobiliser la traditionnelle méthode de la diabolisation, comme elle fut employée contre le Front National, on s’expose, encore, à éviter un nécessaire débat sur la représentation symbolique de l’idée européenne, nous y reviendrons à la fin de cette introduction, et la forme politique de l’Europe. Laurent Wauquiez, dans sa réponse à Emmanuel Macron le 9 mars, n’a pas manqué de se précipiter dans la brèche pour dénoncer cette radicalisation, binaire, du débat, critique qui ne manquera sûrement pas de trouver un écho dans la sphère populiste.

Sur le plan extérieur, l’actualité n’est pas moins présente et les spectateurs attentifs de la géopolitique mondiale y verront un excellent baromètre de l’ambiance de ces derniers mois. Des doutes sur la soutenabilité du « capitalisme financier » qui ont émaillé le Forum Economique de Davos à la dénonciation des « stratégies agressives de grandes puissances » qui semble reprendre les inquiétudes de l’intelligentsia géopolitique américaine vis-à-vis de la Chine récemment résumées par Georges Soros, en passant par les ingérences russes dans la politique intérieure occidentale, tout y est. Les grands sujets de l’actualité politique européenne y sont également rappelés : taxation des GAFAM, constitution d’une armée européenne, adaptation des principes de concurrence après l’échec de la fusion Alstom-Siemens…

Ce fort ancrage dans l’actualité explique sans doute les profondes similitudes que cette lettre entretient avec le dernier Discours sur l’Etat de l’Union (2018) de Jean-Claude Juncker. Le président de la Commission avait lui aussi fondé son intervention sur la souveraineté européenne et évoqué le Brexit, les migrations – et notamment une « proposition visant à renforcer le corps européen de garde-frontières et de garde-côtes »  –, la défense, les ingérences dans le processus électoral, le numérique, la politique africaine… Seul le passage sur le renforcement du rôle international de l’euro, noir crayon zara cuir noir cuir Jupe zara Jupe crayon A4jLR5sujet pourtant si sensible, n’a pas de véritable écho dans la lettre du président français. S’il est difficile de statuer sur la signification de cette proximité, il est intéressant de remarquer que Juncker avait tenu alors à défendre à plusieurs reprises l’action de la Commission et du Parlement et de partager la responsabilité de l’inaction avec les gouvernements et le Conseil de l’Europe : « Nous sommes tous, les uns et les autres, responsables de l’Europe telle qu’elle est. Nous serons tous responsables, les uns et les autres, de l’Europe qui sera. »

Néanmoins, la place accordée à l’affirmation de la souveraineté européenne dans cette lettre est remarquable. En emboîtant le pas aux Etats-Unis dans la dénonciation des pratiques commerciales inéquitables, Emmanuel Macron positionne l’Europe dans le jeu des puissances, quand celle-ci semblait jusqu’alors le spectateur discret et inquiet du conflit sino-américain. Ce positionnement est d’autant plus notable que la posture semble valable autant pour la Chine et la Russie que vis-à-vis des Etats-Unis eux-mêmes. Cet appel à la souveraineté – dont le portrait pessimiste et alarmiste pourrait être interprété comme la tentative d’insuffler un patriotisme européen – constitue la principale consistance sur le plan politique de l’appel du président français, et semble promettre la poursuite des ambitions françaises, notamment sur les questions de défense. On serait presque tenté de lire ici une réminiscence de la position gaullienne durant la Guerre froide : malgré l’inscription fondamentale de l’Europe dans le camp de l’Ouest, Emmanuel Macron affirme ici une certaine réticence à embrasser la position atlantiste.
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Quoiqu’il en soit, cette fondation du message politique sur la souveraineté européenne est quelque peu décevante, car, encore une fois, les points qui définissent positivement le projet européen semblent constituer des outils pour une autre fin, celle d’obtenir une place dans le concert des nations à l’heure de la mondialisation. Alors que les appels à un réinvestissement symbolique, politique et culturel, du projet européen sont sans cesse répétés, cette unique conviction substitue à un « marché sans âme », une Europe à usage géopolitique, guère plus incarnée.

La mobilisation de la Renaissance, en effet, constitue le seul apport concret à l’appel culturel, et semble se cantonner à son aura consensuelle et galvaudée – la Commission européenne n’appelait-elle pas déjà, il y a quelques années, à une renaissance industrielle ? Cette mobilisation un peu stérile n’a finalement pour conséquence que d’éviter le débat sur le projet culturel européen, alors que des forces redoutables et inquiétantes pressent pour façonner une Europe au moule de représentations réactionnaires.

Citoyens d’Europe,

Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, ce n’est pas seulement au nom de l’histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C’est parce qu’il y a urgence. Dans quelques semaines, les élections européennes seront décisives pour l’avenir de notre continent.

Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. Et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger.

Le Brexit en est le symbole. Symbole de la crise de l’Europe, qui n’a pas su répondre aux besoins de protection des peuples face aux grands chocs du monde contemporain. Symbole, aussi, du piège européen. Le piège n’est pas l’appartenance à l’Union européenne ; ce sont le mensonge et l’irresponsabilité qui peuvent la détruire. Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ? Qui leur a parlé de perdre l’accès au marché européen ? Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé ? Le repli nationaliste ne propose rien ; c’est un rejet sans projet. Et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire.

Le Grand Continent a consacré de nombreux articles à la question du Brexit ici, ici ou .

Face à ces manipulations, nous devons tenir debout. Fiers et lucides. Dire d’abord ce qu’est l’Europe. C’est un succès historique : la réconciliation d’un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. Ne l’oublions jamais. Et ce projet continue à nous protéger aujourd’hui : quel pays peut agir seul face aux stratégies agressives de grandes puissances ? Qui peut prétendre être souverain, seul, face aux géants du numérique ? Comment résisterions-nous aux crises du capitalisme financier sans l’euro, qui est une force pour toute l’Union ?

Les grands thèmes qui scandent la géopolitique de ces derniers mois sont ici rassemblés : doutes sur la soutenabilité du modèle capitaliste, peur face à la machine économique et géopolitique chinoise

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, taxation des GAFAM… La référence à l’euro, qui pourrait constituer un outil géopolitique majeur, semble une réaction aux débats vindicatifs de ces derniers jours suite à la publication d’une étude, plus que contestable, du Center for European Policy, un think tank conservateur allemand.

L’Europe, ce sont aussi ces milliers de projets du quotidien qui ont changé le visage de nos territoires, ce lycée rénové, cette route construite, l’accès rapide à Internet qui arrive, enfin.

L’Union Européenne est actuellement engagée, au travers du 5G for Europe Action Plan qui rassemble des parties concernées des secteurs publics et privés, dans une politique de développement de la 5G. Après Manchester (depuis novembre 2018), Rennes est devenue la seconde métropole-test de déploiement de réseau 5G : il s’agit d’essais de grande échelle destinés à formuler des recommandations de bonnes pratiques pour l’ensemble de l’Europe. Le sujet représente des enjeux économiques (le marché est estimé à 225 milliards de dollars par an d’ici 2025, selon la Commission européennenoir crayon zara cuir noir cuir Jupe zara Jupe crayon A4jLR5) et géopolitiques majeurs : disposer d’un réseau 5G performant permettra aux pays bénéficiaires d’acquérir un fort avantage dans le développement de technologies liées, comme les véhicules autonomes ou les objets connectés. Les tensions actuelles vis-à-vis de Huawei, l’équipementier télécom chinois qui mise notamment sur la 5G, sont à lire dans ce contexte de véritable course à la 5G. Ainsi, cette troisième question rhétorique, si elle semble plus éloignée des enjeux de souveraineté européenne et de géopolitique que les deux précédentes, consacre en réalité l’une des principales tensions géopolitiques actuelles. Florentin Brocheton et Luc de Leyritz ont signé une brève sur le sujet pour La Lettre du Lundi.

Ce combat est un engagement de chaque jour, car l’Europe comme la paix ne sont jamais acquises. Au nom de la France, je le mène sans relâche pour faire progresser l’Europe et défendre son modèle. Nous avons montré que ce qu’on nous disait inaccessible, la création d’une défense européenne ou la protection des droits sociaux, était possible.

Emmanuel Macron évoque ici des réussites récentes sur la scène européenne auxquelles la France a très activement contribué. D’une part, la réforme de la directive sur les travailleurs détachés, qui représente une véritable victoire personnelle du président français. D’autre part, sur le plan de la défense, plusieurs initiatives sont à relever : la création de l’Initiative européenne d’intervention visant à renforcer les échanges stratégiques entre 10 pays d’Europe; celle du Collège du renseignement, un réseau de renseignement européen dont le discours inaugural fut prononcé le même jour que la publication de la lettre; et les récentes avancées concernant le Fonds européen de la défense, annoncé en septembre 2016 par Jean-Claude Juncker et destiné à financer des projets de développement industriel et de recherche sur les technologies de défense.

Mais il faut faire plus, plus vite. Car il y a l’autre piège, celui du statu quo et de la résignation. Face aux grands chocs du monde, les citoyens nous disent bien souvent : « Où est l’Europe ? Que fait l’Europe ? ». Elle est devenue à leurs yeux un marché sans âme. Or l’Europe n’est pas qu’un marché, elle est un projet. Un marché est utile, mais il ne doit pas faire oublier la nécessité de frontières qui protègent et de valeurs qui unissent. Les nationalistes se trompent quand ils prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe ; car c’est la civilisation européenne qui nous réunit, nous libère et nous protège. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi, car ils nient les peurs qui traversent nos peuples, les doutes qui minent nos démocraties.

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Les allusions au Brexit, aux Gilets Jaunes, et plus largement, au contexte de montée des populismes sont transparentes. Le Grand Continent a consacré plusieurs articles sur les Gilets Jaunes ici ou , ainsi que, en collaboration avec l’Institut Jacques Delors, une note sur la notion de populisme.

Nous sommes à un moment décisif pour notre continent ; un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme. C’est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès.

Défendre notre liberté

Le modèle européen repose sur la liberté de l’homme, la diversité des opinions, de la création. Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes. Je propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque État membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. Dans cet esprit d’indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères.

Les termes « puissances étrangères » visent ici aussi bien les États-Unis que la Russie. Récemment encore, des membres de l’extrême-droite américaine, dont Robert Mercer, financeur de Breitbart News et à la tête d’un fonds baptisé… Renaissance Technologies, ont été accusés de financer des campagnes de désinformation en Europe. De plus, dès l’année dernière, Steve Bannon, l’ancien conseiller de Donald Trump avait annoncé son intention de peser dans la campagne des élections européennes en apportant un soutien matériel et logistique aux candidats populistes. Les ambitions nationales de son « Mouvement » ont été cependant contrecarrées par la méfiance des partis euronationalistes aussi bien que par la réglementation européenne en matière de financement électoral. A ce jour, le sommet de lancement du « Mouvement » est reporté sine die et Bannon et ses associés affirment qu’ils ne cherchent plus qu’à être un « club » pour faciliter l’émergence d’une internationale nationaliste. Quant à la Russie, un scandale a très récemment éclaté en Italie, l’hebdomadaire italien l’Espresso ayant accusé le parti de Mathéo Salvini d’avoir bénéficier de fonds russesnoir crayon zara cuir noir cuir Jupe zara Jupe crayon A4jLR5 pour financer la campagne européenne.

Nous devrons bannir d’Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence, car le respect de l’individu est le fondement de notre civilisation de dignité.

Le sujet de la haine sur Internet semble faire écho à la politique intérieure, puisque la députée LREM Laetitia Avia devrait présenter lundi 11 mars un proposition de loi sur la question, appuyée sur un rapport remis en septembre 2018. Néanmoins, la dimension internationale et européenne n’est pas totalement inexistante à cet endroit, puisqu’une telle régulation implique potentiellement de travailler avec les grandes plateformes numériques – Emmanuel. Macron avait, par exemple, lancé en novembre un groupe de travail avec Facebook – et s’inscrit dans la continuité des ambitions d’évolution de la régularisation du numérique (cf. note 4).

Protéger notre continent

Fondée sur la réconciliation interne, l’Union européenne a oublié de regarder les réalités du monde. Or aucune communauté ne crée de sentiment d’appartenance si elle n’a pas des limites qu’elle protège. La frontière, c’est la liberté en sécurité. Nous devons ainsi remettre à plat l’espace Schengen : tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d’asile, avec les mêmes règles d’accueil et de refus). Une police des frontières commune et un office européen de l’asile, des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l’autorité d’un Conseil européen de sécurité intérieure : je crois, face aux migrations, à une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières.

Les mêmes exigences doivent s’appliquer à la défense. D’importants progrès ont été réalisés depuis deux ans, mais nous devons donner un cap clair : un traité de défense et de sécurité devra définir nos obligations indispensables, en lien avec l’OTAN et nos alliés européens : augmentation des dépenses militaires, clause de défense mutuelle rendue opérationnelle, Conseil de sécurité européen associant le Royaume‑Uni pour préparer nos décisions collectives.

La question de la crédibilité de cet engagement à rendre opérationnelle la clause de défense mutuelle sera cruciale, certains États européens ayant plus confiance en l’OTAN qu’en leurs partenaires de l’Union. Jean-Pierre Chevènement introduisait ainsi une intervention intitulée La dissuasion, gage de l’indépendance française et de l’autonomie stratégique européenne par la phrase « Pour les peuples, la guerre est toujours le moment de la Vérité. »D’autant que les relations stratégiques sont largement une question de signaux, sur le temps court (gestion d’une phase de tension) ou sur le temps long (affermissement ou affaiblissement des alliances) : « [E]n déniant à tout nouveau venu la possibilité d’établir en se sanctuarisant son autonomie stratégique, en assujettissant ses propres alliés à une structure otanienne dont ils assuraient fermement le contrôle politique et la direction stratégique, en se mettant au-dessus des lois d’une dépendance mutuelle acceptée car fondée sur des principes de solidarité et d’équilibre, les États-Unis acceptaient de facto une forme de conflictualité liée à leur leadership. »

Sur l’intégration du Royaume-Uni, post-Brexit, à ce conseil de sécurité européen, mais également sur la force du lien avec l’OTAN et sur la constitution d’une alliance dont le périmètre (Etats membres) est distinct de l’UE comme de l’OTAN, il est intéressant de se référer à l’évolution des positions françaises, britanniques et européennes, notamment à travers le traité de Maastricht ou le sommet bilatéral de Saint-Malo en 1998 : « Après le traité de Maastricht, les Britanniques s’efforcèrent de réactiver « l’Union de l’Europe occidentale » (UEO), organisation qui, pour eux, pouvait représenter une face acceptable de la défense européenne, car distincte de l’Union européenne ». Dans le contexte actuel, la participation du Royaume-Uni à l’Europe de la Défense est probablement indispensable, pour les européens qui ne peuvent se passer de l’indéniable puissance britannique, et pour ces derniers qui ont peut-être surestimé l’attachement américain à la Special Relationship dans un contexte post-Brexit et auront ainsi certainement intérêt à s’inscrire dans une autonomie stratégique européenne.

Nos frontières doivent aussi assurer une juste concurrence. Quelle puissance au monde accepte de poursuivre ses échanges avec ceux qui ne respectent aucune de ses règles ? Nous ne pouvons pas subir sans rien dire. Nous devons réformer notre politique de concurrence, refonder notre politique commerciale : sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles, comme les normes environnementales, la protection des données et le juste paiement de l’impôt ; et assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne comme le font nos concurrents américains ou chinois.

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Nous retrouvons là la position qui n’est pas sans faire écho à celle de De Gaulle pendant la Guerre froide. En effet, si la Chine, accusée régulièrement de ne pas jouer le jeu du marché en intervenant fortement dans l’économie et en restreignant l’accès à son marché aux entreprises étrangères, est manifestement visée, Emmanuel Macron ajoute à son côté les États-Unis et les pratiques de dumping fiscal des GAFAM. Ainsi, l’Europe ne saurait, dans sa vision, se fondre dans un bloc conduit par les Etats-Unis. Au demeurant, la question de la taxation des entreprises du numérique est un sujet particulièrement important de l’actualité politique européenne brûlante. Les grandes entreprises du numérique payent en effet en moyenne 14 points d’impôt de moins que les autres entreprises, ce qui a poussé la Commission à proposer un projet de taxation au niveau européen en mars. Pourtant, l’initiative à l’échelon européen est aujourd’hui au point mort, le national l’emportant généralement, entre les États qui bénéficient de l’implantation de ces entreprises sur leur territoire (comme l’Irlande), ceux qui craignent des représailles étasuniennes (comme l’Allemagne) ou ceux qui ont choisi de mettre en œuvre un impôt national (comme la France), faute d’un consensus européen. La Commission n’abandonne cependant pas le projet et le rapport de l’U.E. face aux numériques constitue un sujet majeur.

Retrouver l’esprit de progrès

L’Europe n’est pas une puissance de second rang. L’Europe entière est une avant‑garde : elle a toujours su définir les normes du progrès.

Comment ne pas voir ici une référence, encore, aux noir crayon zara cuir noir cuir Jupe zara Jupe crayon A4jLR5Notes sur l’esprit européen de Valéry, où l’avant-gardisme et le progrès définissent largement l’Europe : « De toutes ces réalisations [des rêves humains], les plus nombreuses, les plus surprenantes, les plus fécondes ont été accomplies par une partie assez restreinte de l’humanité, et sur un territoire très petit relativement à l’ensemble des terres habitables. L’Europe a été ce lieu privilégié ; l’Européen, l’esprit européen l’auteur de ces prodiges. »

Pour cela, elle doit porter un projet de convergence plus que de concurrence : l’Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement.

Renouer avec le fil du progrès, c’est aussi prendre la tête du combat écologique. Regarderons-nous nos enfants en face, si nous ne résorbons pas aussi notre dette climatique ? L’Union européenne doit fixer son ambition – 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025 – et adapter ses politiques à cette exigence : Banque européenne du climat pour financer la transition écologique ; force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments ; contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé… Cet impératif doit guider toute notre action : de la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement pour l’Europe, toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat.

Le terme « 0 carbone » est flou : parle-t-on ici de ne plus émettre un seul gramme de CO2 ou que nous serons capable de l’absorber dès son émission ? Selon l’interprétation, les implications technologiques et de moyens (financiers notamment) sont complètement différentes. Ce point ambigu est dans la continuité des récents débats autour du projet de loi Énergie, qui substitue à l’objectif chiffré de division par 4 des émissions de la France entre 1990 et 2050 le terme de « neutralité carbone », peu clairement défini et laissant ouvertes toutes les interprétations possibles sur les moyens à développer pour l’atteindre.

Quant au concept de banque du climat, il a été développé et popularisé par le climatologue Jean Jouzel et l’économiste Pierre Larrouturou, au travers d’une proposition intitulée Pacte finance climat. Leur idée est d’orienter la majeure partie de la création de liquidité européenne vers des prêts à taux zéro auprès des États membres pour financer les investissements nécessaires à la limitation du réchauffement climatique et à la transition écologique (isolation des bâtiments, agriculture…). Les investissements estimés nécessaires par la Cour des comptes européenne et repris par le Pacte finance climat sont d’environ 1115 milliards d’euros par an dès 2021. Emmanuel Macron indique ici soutenir un tel projet sans préciser s’il soutient l’intégralité des mesures du Pacte finance climat, comme celle proposant un impôt européen sur les bénéfices des grandes entreprises pour cofinancer la transition écologique et la recherche ou encore la signature d’un nouveau traité européen pour assurer un droit de tirage de dette des Etats auprès de cette banque. Il n’est pas non plus précisé les modalités de sa mise en place qui requerront de briser un certain nombre de tabous à l’échelle de l’UE

Le progrès et la liberté, c’est pouvoir vivre de son travail : pour créer des emplois, l’Europe doit anticiper. C’est pour cela qu’elle doit non seulement réguler les géants du numérique, en créant une supervision européenne des grandes plateformes (sanction accélérée des atteintes à la concurrence, transparence de leurs algorithmes…), mais aussi financer l’innovation en dotant le nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des Etats-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle.

Outre la dimension économique (cf. note 4) et fiscale (cf. note 11), le numérique est également au coeur de cette lettre sur le plan juridique et éthique. En effet, alors que les Etats-Unis restent relativement silencieux sur la question de la protection des utilisateurs et de la régulation de l’économie numérique, les nations européennes (dont, la France avec la récente amende de 50 millions d’euro prononcée le 21 janvier 2019 à l’encontre de Google par la CNIL) et l’Union européenne, avec l’accord (entre les négociateurs du Parlement Européen, du Conseil de l’Union et de la Commission) sur la directive « droits d’auteur », se sont emparés d’un véritable leadership dans le domaine de la régulation d’Internet. L’important directive « droits d’auteur » devrait prochainement être validée formellement par les institutions européennes et entrera en vigueur après transposition dans le droit interne des pays européens. La directive bouleverse le modèle traditionnel du numérique, puisqu’il impose, notamment, une meilleure rémunération des producteurs de contenus. Deux articles étaient au coeur des âpres négociations autour de ce texte. D’une part, l’article 11, qui prévoit la rémunération des éditeurs de presse dans le cas de l’utilisation de leurs contenus sur des plateformes, comme Google News. D’autre part, l’article 13, qui impose le versement systématique aux ayant-droits d’une redevance liée aux bénéfices publicitaires dégagés lors de l’utilisation de leur contenu. Par cette directive, qui fera sans doute encore parler d’elle, l’Union européenne se positionne en faveur des créateurs de contenu et contre les grandes plateformes numériques. Au-delà de la simple décision juridique, ces décisions confortent l’Union européenne dans son leadership sur la régulation du numérique et témoignent de l’émergence d’une véritable doctrine européenne sur la question. Gustave Ronteix et Barthélémy Michalon ont consacré une brève édifiante sur le sujet pour la Lettre du Lundi.

Une Europe qui se projette dans le monde doit être tournée vers l’Afrique, avec laquelle nous devons nouer un pacte d’avenir. En assumant un destin commun, en soutenant son développement de manière ambitieuse et non défensive : investissement, partenariats universitaires, éducation des jeunes filles…

Liberté, protection, progrès. Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne. Nous ne pouvons pas laisser les nationalistes sans solution exploiter la colère des peuples. Nous ne pouvons pas être les somnambules d’une Europe amollie. Nous ne pouvons pas rester dans la routine et l’incantation. L’humanisme européen est une exigence d’action. Et partout les citoyens demandent à participer au changement. Alors d’ici la fin de l’année, avec les représentants des institutions européennes et des Etats, mettons en place une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique, sans tabou, pas même la révision des traités. Cette conférence devra associer des panels de citoyens, auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels. Elle définira une feuille de route pour l’Union européenne traduisant en actions concrètes ces grandes priorités. Nous aurons des désaccords, mais vaut-il mieux une Europe figée ou une Europe qui progresse parfois à différents rythmes, en restant ouverte à tous ?

Cette proposition s’inscrit dans la continuité de la consultation citoyenne sur l’Europe, Quelle est votre Europe ?, souhaitée par Emmanuel Macron dans son Initiative pour l’Europe en septembre 2017 et organisée entre avril et novembre 2018. La Commission européenne a elle aussi ouvert une consultation en ligne, toujours en coursblue More 34 Jupe Moreamp; by crayon thsQdBrCx. En outre, l’association CIVICO Europa et la plateforme Make.org ont lancé en février une grande consultation transnationale en ligne, We Europeans.

Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrôle de leur destin ; dans cette Europe, le Royaume-Uni, j’en suis sûr, trouvera toute sa place.

Citoyens d’Europe, l’impasse du Brexit est une leçon pour tous. Sortons de ce piège, donnons un sens aux élections à venir et à notre projet. A vous de décider si l’Europe, les valeurs de progrès qu’elle porte, doivent être davantage qu’une parenthèse dans l’histoire. C’est le choix que je vous propose, pour tracer ensemble le chemin d’une Renaissance européenne.

Sources
  1. Le Parti Populaire Européen est le premier parti au Parlement européen. Fondé en 1976, la même année que la décision validant le principe de l’élection des députés européens au suffrage universel, le PPE est un appareil structurant de la politique européenne. Se revendiquant de centre-droit, il constitue une famille politique très large, allant de Viktor Orban à Alain Lamassoure, en passant par la CDU allemande, Forza Italia ou encore Les Républicains français.
Crédits
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Texte : Pour une Renaissance européenne, Emmanuel Macron, 5 mars 2019

Illustration : Hans Burgkmair (1473-1531), A Messenger Brings a Letter to the White King as he Sits in Council, Metropolitan Museum of Art, Domaine public.
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Publié par Groupe d'Études Géopolitiques.
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